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Docteur Anne De Clerck, homéopathe et Françoise Delaude, nutritionniste
Tout le monde le sait et très peu de gens le pratiquent !
Si vous avez une digestion lourde, lente, des ballonnements, des gaz, des coups de pompes après les repas, des selles molles ou dures, des carences de toutes sortes, un foie fatigué, du surpoids ou un manque de poids, un terrain acide. Avant de courir dépenser votre argent pour acheter des compléments alimentaires ou autres, commencez par mastiquer et insaliver parfaitement vos aliments. Vous allez beaucoup mieux digérer, être plus en forme, plus léger et vous aurez fait des économies. Chouette alors !
Mieux on comprend ce que l'on fait, plus on est motivé pour le faire. Sinon on oublie très vite les recommandations.
Avaler tout rond est bien différent de mastiquer lentement et dans le calme. Les repas sont devenus des moments de retrouvailles et d'échanges souvent animés. Résultat, la plupart des gens parlent en mangeant et avalent tout rond pour intervenir dans les discussions. D'autres se goinfrent, engouffrent, s'empiffrent, se remplissent et oublient dès la fin du repas ce qu'ils ont mangé. En revanche, mastiquer c'est déguster, se régaler, être présent de tout son être à l'acte de manger. C'est également être dans le plaisir, c'est garder longtemps en mémoire ce qu'on a savouré. C'est aussi donner le temps au cerveau de mesurer, quantifier, analyser tout ce qui entre dans notre bouche pour organiser une bonne digestion, assimilation et élimination.
Avaler tout rond peut engendrer le mépris de soi, car on mange trop, deux ou trois fois plus que nécessaire. On digère mal et s'ensuit tout une série de troubles digestifs et leurs inconforts, ballonnements, crampes, etc. Ceux-ci s'accompagnent souvent d'inconvénients olfactifs bien embarrassants, mauvaise halène, transpiration forte et acide, gaz odorants,....
Au contraire, Mastiquer, apporte bonheur et estime de soi.
Mastiquer permet d'écraser, pulvériser et déstructurer les aliments solides tout en les enduisant de salive pour décomposer leurs grosses molécules en plus petites unités. C'est aussi mâcher et insaliver tout ce qui est liquide avant de l'avaler, potages, tisanes... et même l'eau !
Dans les pays développés, le manque de mastication est probablement l'un des comportements alimentaires les plus dommageables.
Notre estomac n'a pas de dents ! Il est donc incapable de mastiquer, de broyer et de pulvériser les aliments. Lorsque nous avalons sans mastiquer, nous le mettons en état de détresse, d'impuissance. Les aliments y stagnent et fermentent durant des heures. La suite ne fait qu'empirer et les selles qui en résultent ont une odeur effroyable ! Nos molaires ont pour mission de broyer, de réduire en bouillie tout ce qui est solide. Sinon le pauvre estomac à beau malaxer très longtemps les aliments, il n'obtient jamais le résultat escompté (seule la viande peut être avalée et dissoute dans l'estomac par ses sucs gastriques). Les morceaux de végétaux trop gros ne peuvent pas être liquéfiés par les sucs gastriques, d'où les remontées, les aigreurs, les manques ou excès d'acidité, les reflux mais aussi un travail de l'estomac qui n'en finit pas. La digestion devient douloureuse et dure des heures.
La mastication doit être assez longue pour que les aliments aient le temps d'être travaillés,dégradés, transformés par la salive car nos glandes salivaires contiennent une enzyme, l'amylase ou la ptyaline qui décompose les amidons en maltose (sucre) et dextrine (hydrate de carbone) avec fixation d'eau.
Autrement dit, les amidons contenus dans les céréales, féculents, racines et nombre de végétaux subissent dans la bouche une première transformation indispensable qui soulage l'ensemble du système digestif. Comme l'explique le Dr. Jacqueline Bousquet, « il faut détruire l'aliment pour qu'ensuite,il puisse nous construire, construire du muscle, des os ou tout autre tissu humain. »
La mastication sert à analyser et à quantifier ce qui entre dans notre bouche. Elle limite les quantités qui entrent, permet au corps d'assimiler mieux les nutriments et évite l'encrassement en favorisant l'expulsion.
Pour que la digestion soit bonne, le cerveau doit absolument être informé par la bouche de tout ce qui entre dans le système digestif, afin d'organiser la sécrétion des divers sucs digestifs et la dégradation des aliments, pour assurer ensuite leur assimilation et l'expulsion des déchets et des surplus.
Il ne sert à rien de faire des combinaisons alimentaires intelligentes ou de manger bio si on ne prend pas le temps de mastiquer, savourer, insaliver, car la bouche se comporte comme un scanner pour le cerveau.
Pendant que nous mastiquons le cerveau calcule la quantité de sels minéraux, enzymes, vitamines, lipides, glucides, protides, amidons et sucres qui entrent dans notre organisme.
Cela permet au cerveau d ‘envoyer diverses commandes (qualité et quantité des sucs digestifs) à l'appareil digestif. Cela permet aussi au cerveau de réguler les entrées, de nous arrêter de manger lorsqu'il a compté que nous avons absorbé suffisamment d'aliments. Lorsqu'il estime qu'il est entré assez de nutriments dans l'organisme, il coupe l'appétit au niveau des papilles. C'est le premier signe de satiété.
C'est aussi la meilleur manière de manger moins, gage de longévité.
Bien mastiquer sert à mieux assimiler les aliments. Une bonne mastication permet au cerveau d'organiser une parfaite assimilation. Ceci est particulièrement important lorsqu'on dispose de peu d'aliments.
La mastication sert à mieux réguler notre poids et notre volume. En favorisant une meilleure assimilation, nos os et nos muscles sont mieux nourris et notre poids augmente. Nous sommes plus denses, ce qui est important pour prévenir l'allégement des os et la perte de la masse musculaire. Jamais les os et les muscles ont été aussi dénutris dans les pays riches que depuis qu'on a tous les yeux rivés sur la balance.
Or , il ne faut pas confondre le poids et le volume. Nous devons être très lourds mais très minces. La graisse est légère, mais volumineuse. Elle tient beaucoup de place. Pour être dense et mince, il faut manger des aliments de grande qualité nutritive avec soin, mais en petite quantité. Il est donc facile de perdre du poids en mangeant moins si on mastique bien.
Mastiquer aide le système digestif à fabriquer des graisses fluides dites aussi graisses brunes.
Ces graisses nous protègent de la chaleur et du froid. Elles constituent notre énergie, nos réserves pour assurer l'alimentation continue de nos organes, muscles et os quand nous devons sauter plusieurs repas. Elles récupèrent une part importante de nos déchets internes et externes. Elles nourrissent notre système hormonal et transportent une quantité non négligeable de cellules souches capables de fabriquer n'importe lequel de nos tissus.
Mastiquer rend beau. Mastiquer sert à renforcer les gencives et à muscler la mâchoire, à maintenir les dents en bon état, à éviter l'effondrement du visage.
La mastication sert à choisir et à trier les aliments. La mastication nous permet d'écarter les aliments qui ne nous conviennent pas au moment présent. Ce sont les aliments qui ne nous font pas plaisir car « notre cerveau est notre meilleur guide » nous dit le Dr. Jean-Marie Bourre. Ceux qui pratiquent l'alimentation crue dite instinctive connaissent bien ce phénomène.
Une bonne mastication permet de repérer immédiatement si l'aliment est de bonne qualité et nous convient au moment où nous le mangeons. A ce stade il est encore temps de ne pas l'avaler. C'est dans la bouche que le cerveau détecte, reconnaît, identifie les molécules de nos aliments, d'où l'importance des modes de cuisson, de traitement, de préparation des repas.
La mastication permet l'échange entre personnes qui savourent ensemble. Elle témoigne du respect que nous avons pour tous ceux qui ont permis que notre assiette soit pleine, de l'agriculteur à la cuisinière. N'oublions pas notre terre qui a fait grandir les aliments. Les Indiens d'Amérique du Sud remercient avant de manger la Mère Terre pour les aliments qu'elle leur donne !
Mastiquer nous permet d'éprouver du plaisir. Mastiquer correctement nous donne le temps d'apprécier les diverses saveurs, les arômes, la texture des aliments, le fondant, le moelleux, le craquant. Une foule de sensations auxquelles participent l'odorat, le goût, la vue mais aussi les images dans notre tête, les souvenirs associés comme le cadre, la douceur de l'air, les personnes présentes, le plaisir de la découverte de nouveaux mets et aussi celui du partage.
Tout ceci n'est-il pas fabuleux !!!
Pendant « le séjour bien-être santé du 29 avril au 3 mai » nous aurons le plaisir de pratiquer ensemble la mastication !
Références : « Mastiquer, c'est la santé » France Guillain ; édition Jouvence ;
« la diététique de la longévité » Dr. Dominique Lanzmann-Petitho
